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  • Michaël Beugin

Jeux Vidéos et Accompagnement

Homme qui se prépare pour le combat final

J’ai toujours été passionné de jeux vidéo depuis mes 6 ans. 6 ans, où à Pâques, plutôt que de recevoir des chocolats, mon geek de père m’a offert ma première console de salon, une mega drive. Nous étions en avril 1993, ce n’était pas la dernière génération de console. Dans mon paquet, j’ai eu comme jeux : “Street of rage II”, “Castle of illusion” et “Outrun”. Pour le Noël de cette même année, la liste a été complétée avec “Street of Fighter II”, “Cool Spot” et “Shinobi III”. Pourquoi cette liste ? Pour que vous puissiez voir que mes premiers jeux, à l’âge de 6 ans étaient des jeux de combat, de plateforme, d’aventure avec des monstres et de course. Cette passion du jeu vidéo, bien loin de m’avoir détruite, rendu fou ou violent, m’a apporté cette catharsis nécessaire dans la vie de tous les jours. Grâce à ces jeux, j’ai pu développer d’autres intérêts, pour les arts martiaux, la photographie ou encore la lecture.


Pourquoi un post story telling sur le sujet ?


Je trouve affligeant la façon dont est traité le jeu vidéo dans les médias ou par certains “spécialistes” en psychologie. Ils ne prônent que la dégénérescence liée à la violence dans les jeux ou encore l’abrutissement de nos charmantes têtes blondes, à répéter des tâches encore et encore. Loin d’être en accord avec toutes les valeurs véhiculées par les jeux, je suis, par contre, totalement en phase avec le fait que jouer aux jeux permet de développer des compétences et d’acquérir un apprentissage spécialisé. Tant dans la coordination des mouvements (oeil-main), que la perception de l’espace décentrée (perception en dehors de notre corps et de notre position dans l’espace) ou encore une amélioration de l’attention et de la concentration. J’aborderai le tout dans un prochain post sur la place des media (film, livre, jeux, photographie, …) dans notre vie ou plutôt notre relation d’apprentissage avec eux et les possibilités offertes en thérapie. 


Pour imager mon propos, je vous présente un exemple d’accompagnement. Le jeu vidéo était au cœur de l’accompagnement, tant par la structure même dudit accompagnement qu’en tant qu’outil. Vous savez qu’en tant qu’hypnothérapeute on s’adapte à nos clients et quand ils viennent avec les outils et vous les présentent inconsciemment, il serait dommage de ne pas les mettre en œuvre, n’est-ce pas ?


Un homme qui combat un démon à l'épée

Le sujet


Un jeune homme, 26 ans, joueur de jeux vidéo depuis plus de dix ans. Il joue en moyenne deux heures par jour, souvent le soir. Son style de jeu ? Les MMORPG, vous savez ces jeux vidéo massivement multijoueurs, comme world of warcraft, lost ark, guild wars ou encore genshin impact. Cela lui arrive de jouer une après-midi entière le week-end “en période Off.” Depuis quelques semaines, il n’arrivait plus à dormir, son cerveau n’arrivait plus “à s’éteindre” et il se sentait comme “en prise avec un démon intérieur”... Alors je vous vois venir, rien à voir avec les jeux vidéos. Les parents de ce jeune homme étaient en pleine séparation et sa plus petite sœur était au plus mal, ce qui le touchait énormément. Le travail d’accompagnement (je raccourcis un travail sur 7 séances avec 3 semaines entre chaque) a été : apprentissage de l’hypnose avec mise en transe profonde et accomplissement de quêtes, comme l’obtention d’un objet procurant les ressources nécessaires ou encore le combat du Boss final, le fameux démon… 

Ici, j’ai utilisé une expérimentation de vie non biographique, où ce jeune homme pouvait vivre une vie complètement différente de celle qu’il peut vivre au quotidien. En tant que joueur de mmorpg, il s’est retrouvé dans la peau d’un chasseur de monstres devant combattre un démon qui avait pris possession du corps de sa petite sœur. On n’est pas très loin d’un The witcher pour les connaisseurs, mais on est surtout très proche d’un jeu. La phase d’apprentissage de l’hypnose qui s’est déroulée sur deux séances a été de se familiariser avec la perception dans ce monde imaginaire et de créer son avatar, son personnage. Puis, une fois le tout bien ancré et le tutoriel passé, le jeune homme a pu suivre les quêtes nécessaires à l’accomplissement de son objectif. Trouver l’épée mythique, la seule à même d’occire le démon, et apprendre à s’en servir en développant ses pouvoirs et en montant de niveaux. On retrouve l’acquisition d’expérience des jeux vidéo, qui fait très bien écho à ce qui peut se passer en séance. On en arrive à la dernière séance qui ne s’est pas déroulée comme prévu. Face au démon, le jeune homme se rend compte que ces attaques ne donnent rien et commence à comprendre que le démon cherche avant tout à parler avec lui, pas nécessairement à le combattre. S’ensuit une conversation pleine de prises de conscience, d’acceptation et d’intégration d’expérience.


Un homme qui joue aux jeux vidéos

Conclusion


Aujourd’hui, ce jeune homme va pour le mieux. Il passe plus de temps avec sa sœur et l’accompagne dans cette transition de la vie en tant que frère protecteur. Pour information, il clôture sa thèse de sociologie sur les jeux vidéos (avec pour sujet la place des interactions sociales dans les jeux en ligne) et va la présenter en fin d’année. Peut-on dire que les années passées à jouer lui ont été néfastes ? Bénéfiques ? Je vous laisse seul juge. Je retiens de cette expérience que le jeu vidéo a été d’une aide précieuse et a permis à ce jeune homme de vivre le voyage initiatique dont il avait besoin pour aller mieux. On aurait évidemment pu faire sans, mais n’est-ce pas la force de l’hypnose de proposer une résolution des problématiques par les ressources intérieures et donc personnelles de l’accompagné ? Ma connaissance du monde des jeux vidéos et la passion de ce jeune homme se sont rencontrées pour donner un accompagnement individualisé personnalisé et optimal.


En conclusion, ne délaissez pas les jeux vidéo sous prétexte qu’ils sont abrutissants. Le jeu vidéo à pleinement sa place dans la thérapie et au vu du nombre de gamers, il devrait même être pris très au sérieux. De manière générale, faites preuve d’esprit critique et si le cœur vous en dit, expérimentez. Il me semble que la meilleure manière de débattre de tout sujet est encore de fonder son opinion sur du vécu et non pas sur du “on-dit”.

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